Objectifs

L'objectif de CiSStat est de rassembler des statisticiens appliqués, des écologues modélisateurs et des associations souhaitant developper des approches et méthodes statistiques pour mieux valoriser les jeux de données actuels et futurs issues des sciences participatives.

Pour les statisticiens, l’objectif sera d’abord d’identifier les principaux problèmes méthodologiques que pose ce type de données issues des sciences participatives -- absence ou faiblesse de la planification, différents types de censures et de biais, protocoles a minima ou même absents, modélisation d'erreurs particulières prenant en compte le très grand nombre et l’hétérogénéité des observateurs, le fait que ces données puissent provenir de multiples sources à protocoles différents -- de manière générique, mais aussi à partir de bases de données tests déjà existantes (Vigie Nature, LPO, etc...) comportant de plusieurs centaines d'observations à plusieurs millions quand elles sont regroupées sur de plus longues périodes ou de très vastes régions ou pays.

Un second objectif sera de proposer des modélisations statistiques qui répondent aux enjeux des sciences participatives : analyse de très grand jeux de données multi-sources par des approches de meta-analyse et data-mining, proposer des corrections pour les différents biais et censures afin de profiter au mieux de la couverture spatiale et temporelle de ces données, proposer des modèles pour jouer la complémentarité entre les dispositifs officiels (observatoires, zones ateliers) et les données participatives (les secondes pouvant servir à généraliser ou valider les résultats des premiers), proposer des outils statistiques robustes, suffisamment simples pour être utilisables et interprétables par le plus grand nombre. Ces propositions devraient constituer une première étape pour soumettre une action plus vaste dans le cadre de programmes nationaux de la FRB par exemple ou internationaux.

A plus long terme, la question des échanges et du partage d’enjeux entre scientifiques et réseaux participatifs, se pose et mérite de solliciter des chercheurs en sciences sociales pour mieux comprendre les motivations et fonctionnements des différents types d’associations, et comment elles acceptent de s’approprier les contraintes imposées par certains protocoles ou méthodes statistiques (échantillonnage par exemple). A l'inverse, la question de savoir comment les scientifiques intègrent leur démarche les propositions émanant de non spécialistes est tout aussi importante. Dans l’étape actuelle, nous avons sollicité l'aide de chercheurs en SHS travaillant sur les recherches participatives et avons pris contact avec Sylvie Blangy (CEFE, Montpellier) et Anouck Hubert (IUEM institut Universitaire Europeen de la Mer, Brest).